Deux remises de 20 % annoncées l’une après l’autre ne font jamais 40 % de réduction totale : elles s’appliquent en cascade, chacune sur le prix déjà réduit par la précédente, un calcul simple que beaucoup d’étiquettes rendent volontairement flou.
Pourquoi l’addition ne fonctionne pas
Une remise de 20 % suivie d’une seconde remise de 20 % ne retire pas 40 % du prix initial, mais 20 % du prix déjà amputé une première fois. Sur un article à 100 unités monétaires, la première remise ramène le prix à 80 ; la seconde remise de 20 %, appliquée à ces 80, retire 16, pour un prix final de 64 — soit une réduction réelle de 36 %, et non 40 %. L’écart grandit encore avec des taux plus élevés ou un nombre de remises cumulées plus important, chaque pourcentage s’appliquant sur une base toujours plus réduite.
Le prix de référence, ce que la directive Omnibus impose
La directive européenne dite Omnibus, transposée dans le droit français et contrôlée par la DGCCRF, impose d’afficher, à côté d’un prix réduit, le prix le plus bas pratiqué au cours des trente derniers jours précédant la réduction — et non un prix de référence arbitrairement plus élevé, gonflé juste avant les soldes pour rendre la remise plus spectaculaire. Cette règle vise directement les remises annoncées sur un prix de référence qui n’a jamais été réellement pratiqué à ce niveau.
Concrètement, un commerçant ne peut plus afficher une réduction calculée sur un prix « conseillé » théorique s’il a lui-même vendu l’article moins cher dans le mois qui précède : le prix de comparaison doit refléter une réalité commerciale récente, vérifiable, et non une base de calcul choisie pour maximiser l’effet d’annonce.
Retrouver le taux réel avec une simple multiplication
Pour connaître la réduction totale exacte de plusieurs remises cumulées, la méthode la plus fiable consiste à multiplier entre eux les coefficients restants de chaque étape plutôt qu’à additionner les pourcentages annoncés : une remise de 20 % laisse 80 % du prix, soit un coefficient de 0,8 ; deux remises de 20 % successives donnent 0,8 multiplié par 0,8, soit 0,64, c’est-à-dire 64 % du prix initial conservé, donc 36 % de réduction réelle. Avec trois remises de 10 % cumulées, le calcul donne 0,9 fois 0,9 fois 0,9, soit environ 0,73, pour une réduction réelle proche de 27 % et non des 30 % qu’une addition rapide suggérerait.
Cette méthode de calcul, valable quel que soit le nombre de remises empilées, s’applique aussi bien à une réduction en boutique qu’à un code promotionnel appliqué en ligne sur un prix déjà soldé : dans les deux cas, le second pourcentage ne s’applique jamais au prix affiché en premier, mais à celui qui résulte de la première opération.
Lire une étiquette barrée sans se tromper
- Vérifier si le prix barré correspond au prix le plus bas des trente derniers jours, comme l’exige la réglementation.
- Recalculer soi-même une remise cumulée plutôt que de se fier au pourcentage total affiché.
- Se méfier d’un prix de référence rond ou inhabituellement élevé par rapport au prix habituellement pratiqué.
Une remise en cascade, calculée pas à pas
| Étape | Prix de départ | Remise appliquée | Prix obtenu |
|---|---|---|---|
| Prix initial | 100 | — | 100 |
| Première remise | 100 | 20 % | 80 |
| Seconde remise | 80 | 20 % | 64 |
| Réduction réelle | — | — | 36 % au total, pas 40 % |
Ce mécanisme de calcul en cascade ne relève d’aucune malhonnêteté en soi : c’est la logique mathématique normale d’un pourcentage appliqué successivement sur une base qui change à chaque étape. Le risque se situe plutôt dans la lecture rapide d’une étiquette, où l’œil additionne instinctivement deux chiffres au lieu de les multiplier l’un après l’autre. Ce même réflexe de vérification, plutôt que de confiance immédiate dans un affichage, vaut aussi pour un costume dont l’entoilage se teste au pincement avant l’achat : dans les deux cas, quelques secondes de calcul ou de vérification directe évitent une déception découverte trop tard, à la caisse ou une fois la pièce portée.







